Sachez qu’il n’est pas toujours possible de rattacher son enfant majeur, selon son âge et s’il poursuit ou non des études.

Choisir entre rattacher ou non son enfant dans sa déclaration d’imposition, c’est choisir entre augmenter son quotient familial ou déduire une pension alimentaire.


Rattacher ou non son enfant ?

Sur le principe :

Si vous aidez (financièrement ou en nature) votre enfant majeur en état de besoin, il est souvent préférable de ne pas le rattacher à votre déclaration d’imposition, car la déduction de la pension alimentaire permet une économie d’impôt supérieure à l’avantage de la demi-part de quotient familial.

Plus la tranche marginale d’imposition du ou des parents est élevée, plus la déduction de la pension alimentaire - par rapport à la demi-part de quotient familial - est intéressante.

En revanche, il existe des cas particuliers :

En effet, il peut être conseillé de rattacher son enfant lorsque :

  1. Le ou les parents ont déjà 2 enfants à charge : Car le rattachement d’un 3ème enfant permet d’obtenir, non pas une demi-part, mais une part entière supplémentaire.

  2. Le parent est célibataire - divorcé ou séparé - et élève seul un ou plusieurs enfants (parent isolé) : Ainsi le rattachement du premier enfant à charge permet d’obtenir ici aussi, non pas une demi-part, mais une part entière supplémentaire.

  3. Si l’enfant perçoit des revenus imposables importants et qu’il est rattaché au foyer fiscal de son ou ses parents, ses revenus seront potentiellement taxés à un taux d’imposition important (taux marginal du ou des parents).
    Au contraire, en cas de non rattachement, c’est à dire s’il avait déclaré seul ses revenus, l’enfant aurait probablement été non imposable.
    => Dans ces circonstances, il convient de chiffrer les 2 hypothèses.

Attention, le rattachement a d’autres effets que l’impôt sur le revenu :

APL (Aide Personnalisée au Logement) perçue par l’enfant :
Que l’enfant soit rattaché ou non, seuls ses revenus sont pris en compte (les revenus de ses parents ne sont pas retenus).
Cependant, s’il est rattaché au foyer fiscal et que ses parents sont imposables à l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière), l’enfant ne pourra pas percevoir d’APL.

Taxe d’habitation des parents :

  • Les parents sont exonérés de la taxe d’habitation sur leur résidence principale lorsque le RFR (Revenu Fiscal de Référence) du foyer fiscal est inférieur à certains seuils.
     Les revenus de l’enfant sont pris en compte s’il est rattaché ou s’il habite avec ses parents.
     Les revenus de l’enfant ne sont, en revanche, pas pris en compte si cumulativement, il n’est pas rattaché et qu’il réside dans un autre logement que celui de ses parents.

  • Si les parents ne sont pas exonérés de taxe d’habitation, le rattachement de l’enfant permet d’obtenir un abattement de 10 % pour charge de famille.
    CGI. art. 1414 C

RI (Réduction d’Impôt) pour frais de scolarité :
Concernant les réductions d’impôts pour frais de scolarité (183 € pour les études supérieures) en cas de rattachement : Si l’enfant n’est pas rattaché, alors ni l’enfant ni les parents ne peuvent bénéficier de la réduction.
CGI. art. 199 quater F


Pourquoi rattacher son enfant ?

Rattacher son enfant permet de bénéficier d’une demi-part fiscale supplémentaire (voir d’une part au-delà de 3 enfants) au titre de son quotient familial.
Plus le nombre de parts est important, plus le montant de l’impôt est faible.
Cependant, le gain fiscal est limité à 1 567 € (pour les revenus 2019) au titre du plafonnement des effets du quotient familial pour chaque demi-part additionnelle.


Pourquoi ne pas rattacher son enfant ?

Ne pas rattacher son enfant permet de déduire une pension alimentaire, dans la limite de 5 947 € maximum pour les revenus 2019 et sous réserve qu’il soit en état de besoin.

Remarque :

Si l’enfant est hébergé gratuitement chez ses parents :

  1. Il est possible de déduire un montant forfaitaire de 3 535 € pour les revenus 2019 au titre du logement et de la nourriture, sans justificatifs.

  2. Les autres dépenses prises en charge par les parents pour le compte de l’enfant, peuvent être déduites pour leurs montants réels.
    Le tout (3 535 € + les dépenses autres que le logement et la nourriture) est déductible dans la limite de 5 947 € maximum pour les revenus 2019.

L’enfant doit déclarer cette pension alimentaire dans sa propre déclaration. Il restera en principe peu ou pas imposé du fait du faible montant de la pension alimentaire et de l’exonération des rémunérations de stage et d’apprentissage jusqu’à 1 SMIC, soit 18 255 € pour les revenus 2019.

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